Couverture de Chou-Chou, la chouette-chouette

Plaquette parue en avril 2025 aux éditions du Jordil à Dillon, à Cressier FR, à l'occasion des 180 ans de l'église de Cressier. 83 pages (texte et photos).

ISBN 978-2-9701888-0-3

CHF 35.–

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L'église de Cressier, dont on fête les 180 ans

Comme il se doit, je commence par me présenter. Je m'appelle Chou-Chou, la chouette chouette. Je loge dans la tour de l'église de Cressier depuis très longtemps. Je pense être presque aussi âgée que l'édifice dont on fête l'anniversaire cette année.

Claude Maier, l'écrivain cressiacois, m'a demandé d'être son complice pour la rédaction de l'histoire des 180 ans de l'église de Cressier, texte qui est publié dans la présente publication.

Claude Maier à l'harmonium de l'église de Cressier
Photo : Marcel Julmy

Le jour où Marcel Julmy a tiré la photo ci-dessus, on m'aperçoit sur l'harmonium. De retour chez nous, j'ai interpellé mon acolyte.

Dis voir Claude, tu m'as époustouflée. Je ne t'imaginais pas jouer de l'harmonium !

Dans ma jeunesse, a-t-il dit, j'ai longtemps pris des leçons de piano. J'ai été contraint d'arrêter, dès l'instant où j'ai quitté la maison de mes parents. Pendant les deux premières années de mon engagement à Policarpa, en Colombie, j'ai eu l'occasion de jouer de l'harmonium. J'ai profité du petit instrument que l'ancien curé, le père Adolf Lenz — un missionnaire de Bethléem uranais — avait fait venir de Suisse. Cet instrument était encore plus petit que celui de l'église de Cressier. Ravagé par la vermine et l'humidité du climat tropical, l'instrument n'a pas tardé de rendre l'âme.

Le tableau qui orne le plafond de la nef de l'église de Cressier

Comme je l'ai déjà dit, surtout par mauvais temps, quand il fait nuit, j'erre dans l'église. Je me suis souvent émerveillée en admirant le tableau qui orne le plafond de la nef. En essayant d'en savoir plus sur ce chef-d'œuvre, j'ai à la fois été surprise et déçue. Moi qui m'imaginais l'artiste peintre couché sur un échafaudage, peignant à même le plafond le tableau du « Christ donnant la main à l'aveugle, avant de lui rendre la vue », je n'aurais pas pensé qu'il avait réalisé la toile, debout sur un échafaudage.

J'ai appris cela en découvrant la photo de la semaine publiée par Marcel Julmy, en janvier 2019.

Notre ami photographe explique que la paroisse de Cressier avait confié à l'artiste l'exécution du grand tableau peint à l'huile destiné à orner le plafond de l'église. La toile mesure 8 mètres sur 3,5 mètres. En raison de cette ample dimension, le peintre a établi son atelier dans le pavillon Raoul Pictet, au verger du Collège Saint-Michel à Fribourg. Le public a pu admirer pendant quelques jours l'œuvre, avant qu'elle ne soit transportée pour être collée au plafond de l'église de Cressier.

Le reliquaire de saint Fidelis, sous le maître-autel de l'église de Cressier

J'aimerais parler de ce gracieux gisant, couché sous le maître-autel de l'église. Durant de longues années, je pensais qu'il s'agissait d'un corps embaumé et, tout en admirant sa grâce, je m'imaginais qu'il allait, d'un jour à l'autre, reprendre vie et s'échapper de l'église.

Un jour, j'en ai parlé à Oscar Berset. J'ai déchanté. Il m'a expliqué qu'il s'agissait uniquement des ossements de saint Fidelis, retirés des catacombes et enfouis dans un corps modelé en cire. Les ossements furent recueillis en 1821 dans un cimetière à Rome. Remis à Jean Hayoz de Cressier et à Jean Auderset, de Cormondes, les deux hommes en firent don à la paroisse de Cressier.

À ce sujet, je veux vous parler de ce que j'ai vécu un soir, alors que seule une bougie éclairait le chœur de l'église. C'était peu après l'inauguration de la nouvelle église, je crois. Je ne suis pas sûre de la véracité de souvenirs si lointains.

Un vieillard se recueillait près du maître-autel. Il pleurait à chaudes larmes. Je lui ai demandé la raison de sa tristesse.

Il m'a répondu :

« Ma brave chouette, il ne s'agit aucunement de tristesse. C'est de la nostalgie mêlée à de la joie. Je m'appelle Jean Hayoz et j'ai eu la chance d'aller à Rome recevoir des mains du cardinal Della Porta Rodiani, les ossements de ce pauvre martyr. Le périple de Rome à Cressier fut grandiose. Des prêtres et des enfants de chœur se sont relayés tout au long du parcours, transformant à chaque fois notre voyage en une somptueuse procession. Nous étions accueillis, nourris et logés comme des héros dont la mission était, en quelque sorte, de ressusciter saint Fidelis. À notre arrivée à Cressier, une fête inoubliable et une messe solennelle conclut notre périple. »

Après lui avoir raconté cette anecdote, une fois de plus, Claude m'a demandé si mes souvenirs reflétaient la réalité ou s'ils étaient le fruit de mon imagination. Je n'ai pas pu m'empêcher de baisser la tête et de soupirer : « Je suis au moins cent ans plus âgée que toi ; tu ne peux pas comprendre… »

Le Brass Band l'Élite de Cressier en concert
Le Brass Band l'Élite interprétant Patmos, le jour du jubilé

Salvatore Enrico Zapparata, directeur du Brass Band l'Élite de Cressier, a concocté un texte concernant Patmos pour la plaquette, l'œuvre musicale créée à l'occasion du jubilé de l'église par le musicien et compositeur Jean-François Michel, notre illustre voisin de Courtepin.

Le directeur musical explique que Patmos est inspirée par l'exil de saint Jean l'Évangéliste sur l'île de Patmos. L'œuvre fait écho au tableau qui domine l'église de Cressier. Elle enrichit ainsi notre expérience auditive et visuelle.

La page « Patmos » de la plaquette, analyse rédigée par Camille Berset
Camille Berset et deux collègues de la fanfare
Camille Berset entourée par deux collègues de la fanfare

Conclusion

Quel honneur pour moi, votre fidèle Chou-Chou, d'oser présenter la conclusion de notre récit ! Je suis reconnaissante et heureuse d'avoir pu participer à la création de la présente plaquette. Cette aventure m'a sortie de mon train-train quotidien et m'a permis de rencontrer beaucoup de personnes.

Le 180e anniversaire de l'église de Cressier est un regard en arrière, vers le passé. En considérant ce que j'ai découvert, tout particulièrement lors de la journée officielle du 10 novembre, j'ai plutôt envie de lancer un clin d'œil vers le futur, l'avenir de notre village.

J'ai été subjuguée par les nombreux et talentueux jeunes musiciens du Brass Band l'Élite, ainsi que le dynamisme du groupement « la jeunesse chrétienne de l'UP du Saint-Esprit », sans oublier les enfants qui ont participé activement au concours de dessin.

Je dédie le mot de la fin à cette prometteuse jeunesse et tout particulièrement à la jeune Camille Berset. Elle a rédigé une intéressante analyse consacrée au lien entre l'île de Patmos, saint Jean l'Évangéliste et l'œuvre musicale Patmos créée par Jean-François Michel.

Pour ma part, ma mission se termine avec cette dernière intervention. Ma présence n'est plus nécessaire chez mon acolyte et je retourne à mes pénates.

Lors des soirées éclairées par le clair de lune, n'oubliez pas de regarder vers le sommet de la tour de l'église et de me faire un signe. Avec plaisir, je vous accorderai un cordial hululement.

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