
Roman paru aux Éditions à la carte (Sierre), en août 2009, 217 pages.
ISBN 978-2-940436-05-7
CHF 18.– (soldé)
Quatrième de couverture
Fribourgeois, Claude Maier est né en 1948. Il a travaillé durant plusieurs années dans le domaine social, notamment en Colombie. À 39 ans, il opte pour un travail plus stable, ce qui lui permet de s'adonner à sa passion, l'écriture.
La trame du présent roman se dénoue principalement en Suisse. Le rêve, fil conducteur du récit, nous emmène par des destinations diverses, avec une incursion particulière au Paraguay.
Il est difficile de connaître le contenu exact de nos rêves.
La plupart du temps, à notre réveil, nous n'en gardons que de vagues souvenirs.
Informaticien, Edmond Ruffieux a été plongé dans ce domaine énigmatique.
Suite à deux invraisemblables rêves prémonitoires, il décide de créer des programmes informatiques, dans l'espoir de capter ce qui se passe dans sa tête, pendant son sommeil.
Après plus de dix ans de travail assidu, il y parvient. Il réussit enfin à enregistrer les images concrètes et cohérentes d'un rêve.
Un événement va pimenter ses recherches. Peu avant de mourir, son papa lui lègue une étrange pierre précieuse, héritage que l'informaticien associera à son ordinateur. Grâce à celle-ci, il découvrira son passé et ses origines.
Enregistre-t-il vraiment ses rêves ?
Au fil des ans, Edmond se met à en douter. Il a plutôt l'impression que ses programmes informatiques influencent ses rêves.
J'ai photographié le « Pont qui Branle » enjambant la Sarine entre les Marches et la cité de Gruyères à la fin de l'hiver 2009. Cette photo illustre la couverture du « Secret de Pacifique Ruffieux »… parce que à un certain moment une mystérieuse pierre descendue du ciel vient s'écraser au pied du pont.
Un bref extrait de mon ouvrage, pour vous mettre l'eau à la bouche
Edmond vivait depuis une année et demie dans la ville Lumière, lorsque, une nuit, il fit un mystérieux rêve qui allait donner un autre cours à son existence. Il n'avait jamais mis les pieds en Normandie. Pourtant, dans son rêve, il découvrit le village normand de Port-en-Bessin.
De gros nuages sombres planaient sur le port de pêche normand. Leur couleur terne se confondait avec celle de l'océan déchaîné. Les maisons alignées le long du quai étaient méticuleusement collées les unes aux autres, comme si elles essayaient de se donner un peu de chaleur, en cette morose et froide après-midi d'automne.
L'homme sortit du restaurant « Le Vauban », à Port-en-Bessin, et s'engagea vers le quai où de nombreux chalutiers étaient amarrés. Les pêcheurs attendaient la montée de la marée pour repartir au large.
Celui qui devait approcher de la soixantaine était vêtu d'une longue cape noire, en tissu grossier et épais, qui retombait jusqu'à la hauteur de ses genoux. Les rebords de son grand chapeau en feutre, noir également, cachaient partiellement son visage taciturne. On pouvait juste deviner ses traits tirés et le teint basané de sa peau. L'homme était mal rasé. Une épaisse moustache lui donnait un air encore plus ténébreux. La pipe à la bouche, s'appuyant sur un gros gourdin en bois, il bravait les fortes rafales de vent qui balayaient les bords de l'océan. Il longea la route menant à la jetée. Il avançait d'un pas décidé, sans regarder autour de lui et sans se préoccuper de la fine pluie qui lui giclait la figure.
Poursuivant son chemin, il quitta la zone habitée pour grimper au haut de la falaise. Depuis ce promontoire, il pouvait admirer l'immense étendue de l'océan, avec la ligne d'horizon qui se perdait dans la grisaille. Ce grandiose panorama ne sembla pas charmer outre mesure le lugubre personnage. Il se contenta d'observer la petite plage, au bas de l'impressionnant précipice. Son attention fut alors attirée par un bunker qui se trouvait un peu en-dessous de l'endroit où il se tenait. Il emprunta le sentier abrupt qui menait à ce vestige du débarquement des Alliés. En cours de route, à un endroit des plus escarpés, il s'arrêta. Il posa par terre la caissette en bois qu'il cachait sous sa cape. Après avoir déplacé quelques pierres sur le flanc de la falaise, il creusa une espèce de niche dans laquelle il glissa le coffret qu'il dissimula aussitôt. Il reboucha scrupuleusement le trou et façonna la paroi. Il replanta même des herbes et des petites plantes afin d'effacer toute trace de son intervention.
Une fois le labeur achevé, l'homme se releva et respira à pleins poumons. Il glissa sa main dans la poche de son pantalon et en sortit un mouchoir en tissu noir, avec lequel il essuya son front perlé de sueur. Pour ce faire, il n'ôta même pas son couvre-chef, se contentant de le relever un peu.
Après cette brève pause, il remonta au haut de la falaise et fit quelques pas. Il se retrouva à un endroit où le précipice était encore plus abrupt. D'un geste solennel, il se découvrit et jeta son chapeau dans le vide. Celui-ci se transforma en une espèce de soucoupe volante qui plana un instant, avant de se poser sur les flots. Le tourbillon d'une vague ne tarda pas de l'engloutir. L'homme passa alors sa main dans ses cheveux ébouriffés et se retourna, comme s'il voulait vérifier que personne ne l'avait suivi. Apparemment rassuré, il se concentra et, sans hésitation aucune, il s'élança au bas de la falaise. Son corps s'écrasa dans les rochers contre lesquels, dans un mouvement continu et violent, se brisaient les flots écumeux de l'océan en furie.
À cet instant précis, une femme apparut sur le chemin qui longeait la pente escarpée. Les violentes rafales de vent décoiffaient ses longs cheveux ivoire. Le tissu presque transparent de sa robe blanche laissait entrevoir la maigreur de son corps. Seul le bleu vif de ses yeux se détachait dans la pâleur de son visage. La femme devait avoir passé le cap des septante ans.